Mercredi 4 novembre 2009
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La tradition du monachisme, en Orient, a transmis de générations en générations la pratique de la prière du coeur,
connue également sous le nom de prière de Jésus. Cette pratique est l'un des chemins les plus directs vers la contemplation. Elle semble si simple... et pourtant, elle constitue l'un des trésors
les plus précieux du monachisme orthodoxe.
Ceux qui connaissent les récits d'un pélerin russe se souviennent de l'importance que celui-ci accorde à cette prière qui l'accompagne sur tous ses chemins.
Saint Séraphin de Sarov, dans sa règle de prière, conseillait d'alterner la prière du coeur avec le nom de Jésus le matin et l'invocation de la Mère de Dieu l'après-midi.
Cette prière courte s'exprime habituellement ainsi : "Seigneur Jésus-Christ, Fils du Dieu Vivant, aie pitié de moi, pécheur", ou encore "Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi"et la prière à la Mère de Dieu : "Très Sainte Mère de Dieu, sauve-moi".
La prière du coeur, pour laquelle celui qui prie peut faire usage d'un chapelet (souvent tressé avec de la laine et qu'on appelle en grec "komboskini"), consiste en la répétion avec foi et amour de cette courte formule : "Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi."
Le caractère répétitif et court de la prière vient concentrer notre attention sur le Nom de Jésus, sur sa présence, plutôt que de nous inciter à la méditation par une prière aux riches paroles. Elle oriente notre regard vers le visage du Sauveur.
Lorsque Jésus apprend à ses disciples à prier, il insiste sur ce point : "lorsque vous priez, ne multipliez pas les paroles comme le font les païens"
Il ne faut pas favoriser la distraction, ni croire que la prière dépend de la qualité d'un discours que l'on adresse à Dieu. La prière n'est pas une oeuvre d'art, elle n'est pas une poésie... Jésus ne regarde pas la qualité de notre rhétorique. Il regarde le don de notre coeur, notre intention profonde de nous donner entièrement à Lui et les actes que nous posons pour que ce don soit de plus en plus effectif.
La prière du coeur est pourtant très "riche" au plan spirituel. Elle implique l'invocation et la sanctification du Nom de Jésus : "Nul ne peut dire Jésus est Seigneur, sans être mû par l'Esprit-Saint." Lorsqu'un enfant dit : "maman" ou "papa", nous comprenons combien ce nom est chargé au plan affectif, il est même l'expression d'un lien viscéral, un lien d'origine qui s'est chargé chaque jour davantage par la vie commune : tant d'amour reçu, tant d'amour donné, tant d'amour partagé. Lorsque l'enfant dit "maman" ou "papa" (et nous restons les enfants de nos parents jusqu'au bout), il y a dans ce vocatif le poids d'amour d'une présence qui ne pourra jamais être effacée. Je me souviens d'une chanson grecque de l'asie mineure. C'est un homme, en prison, qui s'adresse à sa mère... Peut-être était-il un criminel, un voleur, mais il y avait dans son coeur cette présence de sa mère, au coeur de sa souffrance... Le Nom de Jésus est chargé de tout l'amour divin que nous avons reçu de Lui et chaque fois que nous le prononçons, nous revenons intérieurement à cette présence du Christ en nous. Comme nous l'avons vu, dans notre précédent article, cette présence n'est pas seulement intentionnelle. C'est une présence, au contraire, qui a un caractère substantiel. Jésus s'est fait notre nourriture pour que nous puissions vivre de sa vie même de Fils du Dieu Vivant.
La prière du coeur implique donc un acte de foi qui est la réponse à l'enseignement du Père gravé au plus intime de notre coeur : "Bienheureux es-tu, dit Jésus à Pierre, car ce ne sont pas la chair et le sang qui t'ont enseigné ceci, mais mon Père qui est dans les cieux."
La prière du coeur implique également un acte d'adoration : "Fils du Dieu Vivant". Jésus est le Fils de Dieu et un fils est de même nature que son Père. Le Fils de Dieu est Dieu, comme le Père est Dieu.
Dans l'expression "Fils du Dieu Vivant" nous exprimons notre adoration de Jésus, le Christ, le Fils de Dieu. Ainsi la prière du coeur ne peut être vécue que dans l'adoration et elle multiplie en nous les actes d'adoration.
Cette prière développe également notre espérance : "aie pitié de moi" ou "ai pitié de moi pécheur". La prière du coeur nous remet dans une vérité pratique, dans une profonde humilité. Nous sommes des pécheurs qui élevons nos yeux vers le Sauveur. Toute notre espérance repose sur Lui, sur sa victoire sur le péché, sur le mal et sur la mort. Chaque fois que nous récitons cette prière, nous exprimons notre confiance en Jésus. Cette confiance exprime la profondeur de notre espérance.
Enfin la prière du coeur développe cette vie intime de communion avec le Fils de Dieu. Chaque invocation est un appel pour que la présence du Christ en nous soit de plus en plus grande et effective. Nous passons peu à peu d'une présence affective à une présence effective. Nous passons d'un désir de communion à la communion elle-même.
Ceux qui connaissent les récits d'un pélerin russe se souviennent de l'importance que celui-ci accorde à cette prière qui l'accompagne sur tous ses chemins.
Saint Séraphin de Sarov, dans sa règle de prière, conseillait d'alterner la prière du coeur avec le nom de Jésus le matin et l'invocation de la Mère de Dieu l'après-midi.
Cette prière courte s'exprime habituellement ainsi : "Seigneur Jésus-Christ, Fils du Dieu Vivant, aie pitié de moi, pécheur", ou encore "Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi"et la prière à la Mère de Dieu : "Très Sainte Mère de Dieu, sauve-moi".
La prière du coeur, pour laquelle celui qui prie peut faire usage d'un chapelet (souvent tressé avec de la laine et qu'on appelle en grec "komboskini"), consiste en la répétion avec foi et amour de cette courte formule : "Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi."
Le caractère répétitif et court de la prière vient concentrer notre attention sur le Nom de Jésus, sur sa présence, plutôt que de nous inciter à la méditation par une prière aux riches paroles. Elle oriente notre regard vers le visage du Sauveur.
Lorsque Jésus apprend à ses disciples à prier, il insiste sur ce point : "lorsque vous priez, ne multipliez pas les paroles comme le font les païens"
Il ne faut pas favoriser la distraction, ni croire que la prière dépend de la qualité d'un discours que l'on adresse à Dieu. La prière n'est pas une oeuvre d'art, elle n'est pas une poésie... Jésus ne regarde pas la qualité de notre rhétorique. Il regarde le don de notre coeur, notre intention profonde de nous donner entièrement à Lui et les actes que nous posons pour que ce don soit de plus en plus effectif.
La prière du coeur est pourtant très "riche" au plan spirituel. Elle implique l'invocation et la sanctification du Nom de Jésus : "Nul ne peut dire Jésus est Seigneur, sans être mû par l'Esprit-Saint." Lorsqu'un enfant dit : "maman" ou "papa", nous comprenons combien ce nom est chargé au plan affectif, il est même l'expression d'un lien viscéral, un lien d'origine qui s'est chargé chaque jour davantage par la vie commune : tant d'amour reçu, tant d'amour donné, tant d'amour partagé. Lorsque l'enfant dit "maman" ou "papa" (et nous restons les enfants de nos parents jusqu'au bout), il y a dans ce vocatif le poids d'amour d'une présence qui ne pourra jamais être effacée. Je me souviens d'une chanson grecque de l'asie mineure. C'est un homme, en prison, qui s'adresse à sa mère... Peut-être était-il un criminel, un voleur, mais il y avait dans son coeur cette présence de sa mère, au coeur de sa souffrance... Le Nom de Jésus est chargé de tout l'amour divin que nous avons reçu de Lui et chaque fois que nous le prononçons, nous revenons intérieurement à cette présence du Christ en nous. Comme nous l'avons vu, dans notre précédent article, cette présence n'est pas seulement intentionnelle. C'est une présence, au contraire, qui a un caractère substantiel. Jésus s'est fait notre nourriture pour que nous puissions vivre de sa vie même de Fils du Dieu Vivant.
La prière du coeur implique donc un acte de foi qui est la réponse à l'enseignement du Père gravé au plus intime de notre coeur : "Bienheureux es-tu, dit Jésus à Pierre, car ce ne sont pas la chair et le sang qui t'ont enseigné ceci, mais mon Père qui est dans les cieux."
La prière du coeur implique également un acte d'adoration : "Fils du Dieu Vivant". Jésus est le Fils de Dieu et un fils est de même nature que son Père. Le Fils de Dieu est Dieu, comme le Père est Dieu.
Dans l'expression "Fils du Dieu Vivant" nous exprimons notre adoration de Jésus, le Christ, le Fils de Dieu. Ainsi la prière du coeur ne peut être vécue que dans l'adoration et elle multiplie en nous les actes d'adoration.
Cette prière développe également notre espérance : "aie pitié de moi" ou "ai pitié de moi pécheur". La prière du coeur nous remet dans une vérité pratique, dans une profonde humilité. Nous sommes des pécheurs qui élevons nos yeux vers le Sauveur. Toute notre espérance repose sur Lui, sur sa victoire sur le péché, sur le mal et sur la mort. Chaque fois que nous récitons cette prière, nous exprimons notre confiance en Jésus. Cette confiance exprime la profondeur de notre espérance.
Enfin la prière du coeur développe cette vie intime de communion avec le Fils de Dieu. Chaque invocation est un appel pour que la présence du Christ en nous soit de plus en plus grande et effective. Nous passons peu à peu d'une présence affective à une présence effective. Nous passons d'un désir de communion à la communion elle-même.
Par Frédéric Tavernier Vellas
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Publié dans : La vie spirituelle
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