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  • : Frédéric Tavernier Vellas
  • Le Blog Théologie Orthodoxe par Frédéric Tavernier Vellas
  • : Homme
  • : 15/11/1959
  • : France Haute Garonne
  • : philosophie théologie orthodoxie musique byzantine
  • : Docteur en Philosophie, diplômé en musique byzantine(Athènes), Frédéric Tavernier Vellas est chanteur de l'Ensemble Organum, protopsalte de la paroisse orthodoxe roumaine de Toulouse et directeur artistique de l'association Egéo-Apmh

philosophie

Jeudi 1 février 2007 4 01 /02 /2007 14:46

     Avec cette invitation, que nous lance Socrate, commence un parcours « initiatique », une recherche philosophique. Connaître l'homme ne peut se résumer à une simple description ou, encore moins, à une simple énumération des déterminations qui le composent. Dans l'appel reçu par Socrate : « connais-toi, toi même », il y a une profondeur que nous pouvons immédiatement soupçonner même si nous ne pouvons pas l'expliquer ou l'énoncer de manière intuitive et directe. Revenons donc à "Pierre". Un homme déterminé, unique que nous connaissons. Qui est-il ? Qu'est-il ? Que fait-il ? Pourquoi existe-t-il ? Dans un premier temps, nous pouvons considérer ses diverses activités. Elles sont visibles et finalement communes, en un certain sens, avec nos propres activités : Pierre travaille. Il est ouvrier, artisan, ingénieur, professeur, artiste, médecin ou homme politique etc. L'expérience du travail est fondamentale pour lui. Elle occupe, sans doute, la plus grande part de son emploi du temps. Pierre aime. Il a des amis et peut-être a-t-il fondé une famille et a-t-il des enfants. Cette dimension de l'amour pour une autre personne humaine joue pour sa vie un rôle très important. Cela a modifié son existence et lui a donné un sens plus profond. Pierre vit dans un milieu de travail, une famille, un village, une ville. Il participe aux activités d'une association, d'une entreprise, d'un club sportif etc. Il vit donc dans un milieu consititué d'autres personnes qui ont en commun avec lui de participer à cette « communauté » humaine de travail, de loisir ou de vie. Il est un animal politique en quelque sorte. Pierre peut être aussi un homme religieux, appartenir à une communauté de croyants : chrétien, juif, musulman, hindouiste etc. Cette appartenance à une communauté de croyants s'exprime, s'il pratique sa religion, par des actes spécifiques et se manifeste de manière extérieure et visible dans la liturgie commune de sa communauté.
Nous avons là quatre grandes expériences pratiques très concrètes que nous discernons chez Pierre : le travail, l'amour humain, la vie sociale et politique et la vie religieuse.
Ici apparaissent quatre grands lieux de réflexion philosophique : La philosophie du travail humain, la philosophie éthique, la philosophie politique et la philosophie de la religion (éthique religieuse). Chacune de ces parties de la philosophie des activités humaines a pour but de mieux comprendre ces activités afin de mieux les vivre soi-même. C'est la philosophie pratique. Ce que les grecs appelaient la praxis. Mais ce n'est pas tout. Pierre appartient, de fait, à ce cosmos dans lequel nous vivons tous : il vit sur cette terre que nous appelons « la nature », au milieu des pierres, des fleuves, des arbres, des animaux. Il fait partie intégrante de cet univers en perpétuel mouvement. Ainsi la philosophie va chercher à mieux comprendre le cosmos, cet être-en-mouvement, et devra élaborer une philosophie de la nature. Pierre également est un vivant. Toutes les activités dont nous avons parlé précédemment témoignent de la vitalité de Pierre. Il est un vivant, capable de se donner à lui même des directions, d'orienter sa vie et ses activités. Qu'est-ce que la vie ? Qu'est-ce que Pierre est en tant que vivant ? La diversité des activités vitales de Pierre est évidente : il mange, boit, respire, il est capable par sa sexualité de se reproduire, il peint ou chante ou fait du foot-ball, il pense, il aime ses amis, sa compagne, ses enfants... Il est un vivant. Une nouvelle partie de la philosophie se révèle ici : la philosophie de la vie ou plutôt du vivant regardé comme celui qui se meut lui-même. Celui qui est capable de se donner à un lui-même un certain mouvement. Enfin, tout cela repose sur cette première constatation que nous avions faite dans notre article sur les catégories. Pierre est homme : ousia première et ousia seconde disait Aristote. Nous saisissons bien que cette façon d'enserrer Pierre par ces deux saisies : comme individu et comme homme, unissant un aspect singulier et un aspect général, est insuffisante pour dire ce que Pierre est finalement. C'est la philosophie première, science de « ce qui existe, en tant qu'il existe », qui viendra suppléer à cette lacune. La philosophie de l'être en mouvement (philosophie de la nature), la philosophie de l'être se mouvant (philosophie de la vie) et la philosophie de l'être en tant qu'être constitueront la partie contemplative de la philosophie : ce que les grecs appelaient la théoria.

Par Frédéric Tavernier Vellas - Publié dans : philosophie
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Lundi 29 janvier 2007 1 29 /01 /2007 10:46

    Pour décrire une réalité, l'intelligence se forme dix catégories qui sont dix manières de saisir cette réalité individuelle qui se tient devant elle. Nous avons vu la dernière fois que la réalité sensible se présente, au point de départ, comme un tout confus. Ce tout va donc être précisé progressivement, l'intelligence ne pouvant demeurer dans ce flou. Ce tout de la réalité sensible ne peut pas être saisi dans une sorte d'intuition immédiate : il est composé.

    Puisque la réalité qui intéresse en premier lieu le philosophe est l'homme, considérons maintenant un homme : tel homme que nous connaissons.

    Cet homme est Pierre, par exemple.

    Pierre, que nous connaissons, est un homme. Ici, nous retrouvons la première distinction dont nous avons parlé précédemment. Il est à la fois un individu, unique, et, en même temps, il est semblable, sous un autre point de vue, à tous les individus dont nous pouvons dire qu'ils sont des hommes.

    Pierre/homme représentent deux manières de saisir radicalement ce qu'est cet individu. Le philosophe Aristote nommera ces deux catégories de la pensée : ousia première et ousia seconde. Ce terme a été traduit par les latins substantia, puis en français substance ; mais ce terme substance n'exprime pas pleinement la signification du terme grec ousia. Le terme substance (ce qui se tient au dessous) ne dit de l'ousia que sa fonction « logique », c'est à dire ce à quoi l'on peut attribuer quelque chose, alors que le terme ousia conserve une dimension très réaliste d'existence concrète.

    Continuons : de Pierre nous pouvons dire qu'il est beau. Son visage, son allure générale, son regard sont beaux, sa voix est belle. Cela manifeste en Pierre une qualité. La description de Pierre passe donc également par l'énumération de ses qualités. La troisième catégorie de la pensée est donc la qualité.

    Nous pouvons également regarder la taille de Pierre : il est grand et bien bâti. Pierre comme individu corporel peut être pesé et mesuré. On saisit par là sa quantité. La quantité est la quatrième des catégories de la pensée. Elle jouera un rôle majeur dans les sciences positives qui regardent le mesurable.

    Pierre est le frère de Jean, le fils de Paul, l'ami de Marc etc. Pierre est donc connu également dans ses relations avec d'autres individus. La relation est la cinquième catégorie de la pensée.

    Pierre peut-être saisi également dans ses activités : il court. Il peut être décrit encore dans ce qu'il éprouve : après avoir couru, il est fatigué. Ces deux aspects de l'action et la passion constituent la sixième des catégories de la pensée. L'action est produite par Pierre, la passion est subie, ressentie, par Pierre.

    Poursuivons. Pierre peut être décrit également dans l'état où il se trouve. Il est debout, il est assis, il est couché. Cette septième catégorie est l'état, que l'on a exprimé en latin par le situs.

    Lorsque Pierre va à la plage, il est en maillot de bain. Lorsqu'il sort dehors en plein hiver, il se couvre avec un gros manteau. Lorsqu'il se rend à une soirée, il est très bien habillé.Cette huitième catégorie a été exprimée en latin par le terme habitus, elle exprime l'avoir de Pierrre, ce qu'il possède en propre.

    Enfin, il faut considéré l'importance des deux dernières catégories que sont le temps et le lieu. Pierre est à Paris. Il reviendra chez lui demain...

    Nous sommes avec cette réflexion sur les catégories de la pensée dans une réflexion sur notre manière de saisir, de décrire une réalité sensible. Nous voyons combien cette description peut être riche et variée. Toutefois, nous comprenons bien que ce préambule ne nous place pas encore dans cette connaissance de l'homme dans toutes ses dimensions que recherche la philosophie. Pourtant tout n'est-il pas déjà ici en germe...

à suivre...


Par Frédéric Tavernier Vellas - Publié dans : philosophie
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