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  • : Frédéric Tavernier Vellas
  • Le Blog Théologie Orthodoxe par Frédéric Tavernier Vellas
  • : Homme
  • : 15/11/1959
  • : France Haute Garonne
  • : philosophie théologie orthodoxie musique byzantine
  • : Docteur en Philosophie, diplômé en musique byzantine(Athènes), Frédéric Tavernier Vellas est chanteur de l'Ensemble Organum, protopsalte de la paroisse orthodoxe roumaine de Toulouse et directeur artistique de l'association Egéo-Apmh

Centuries sur la Théologie Mystique

Samedi 29 novembre 2008 6 29 /11 /2008 13:59

Nous découvrons dans les débuts de la vie apostolique de Jésus le premier signe que Jésus ait accompli, en présence de Marie et de ses disciples. C'est à Cana de Galilée. Marie a été invitée à une noce, et sont invités également Jésus et ses disciples. Manifestement, le texte de saint Jean le Théologien le suggère fortement, c'est Marie qui est l'invitée principale de ces noces... Jésus et les disciples sont invités avec Elle. Cela a peut être une certaine importance pour comprendre le déroulement de ce qui suit.

Voici, alors que la fête est déjà avancée, que le vin vient à manquer. Il n'est pas difficile de comprendre la gêne de l'hôte de cette fête... Il pensait sans doute qu'il avait prévu largement, comme on le fait dans ces occasions, mais les convives ont bu plus qu'il ne l'avait prévu. Il n'y a plus de vin.

L'hôte, qui avait invité Marie et avait confiance en Elle, s'est sans aucun doute confié à Elle. "Nos réserves se sont épuisées, nous n'avons plus de vin..." Celui-ci est triste et désemparé. Il y a un manque et il ne voit aucune solution pour y pallier. C'est terrible de voir ce qui nous manque et de n'avoir aucun moyen humain pour y remédier. C'est une terrible pauvreté qui, pour cet homme, se double d'une humiliation certaine en face de ses convives...

Marie répercute la confidence à Jésus. Si les convives s'étaient aperçu de ce manque de vin, Marie n'aurait pas eu à dire à Jésus : "ils n'ont plus de vin", ou alors Jésus aurait sans doute répondu à Marie : "Je le sais, mais en quoi y pouvons-nous quelque chose toi et moi" ? Or Marie vient dire à Jésus : "ils n'ont plus de vin". Marie demande-t-Elle à Jésus d'accomplir un miracle ? Non. Elle Lui signale qu'ils n'ont plus de vin. Elle ne sait pas de quelle manière Jésus va venir en aide à ce malheureux hôte dont la fête risque bien de tourner court et d'être un peu gâchée. C'est cela qui est si grand dans l'attitude de Marie. Elle a simplement confiance en son Jésus, une confiance plénière.

Jésus reçoit, comme à son habitude, cette demande à un niveau qui excède radicalement le simple besoin humain. Il répond à Marie en tournant son regard vers la mission qu'Il a reçue du Père, vers son heure. "En quoi cela nous revient-il à toi et à moi ?" demande-t-il à Marie. Jésus renvoit Marie à cette unité radicale d'amour et de vie qui les lie, tous les deux, pour l'éternité. Ils sont "un" dans l'intention qui noue leur coeurs, cette intention d'accomplir jusqu'au bout la volonté du Père, jusqu'au Sacrifice de la Croix par lequel le vin nouveau sera répandu sur tous les hommes.

Marie a bien saisi le message de Jésus. Elle n'a pas besoin qu'on lui explique ce que Jésus a voulu lui dire. Si les commentateurs de cette scène des Noces de Cana se sont étonnés de la manière dont Jésus a répondu à Marie, Celle-ci, au contraire, a reçu ces paroles comme une indication de la part de Jésus de la portée de sa demande dans le coeur de son Fils. Elle va donc voir les serviteurs, sans se troubler, et ne leur demande qu'une seule chose : qu'ils partagent la confiance absolue que Marie porte à son Fils : "Faites tout ce qu'Il vous dira".

Ceux-ci vont s'appuyer sur la parole de Marie pour exécuter un geste qui en toute autre circonstance et commandé par une toute autre personne serait définitivement absurde. Qui remplirait des jarres d'eau servant à des ablutions rituelles pour satisfaire à la demande du maître du festin d'apporter plus de vin ?

Il les rempliront ces jarres et ils en feront goûter au maître du festin... Nous connaissons la suite. L'eau est transformée en vin et ce vin est d'une telle saveur que le maître du festin s'étonne que l'hôte ait pu garder un tel vin pour la fin de la fête...

Jésus a dépassé la demande en réalisant un miracle extraordinaire... Mais dès lors, Il apparaît comme un thaumaturge, un faiseur de miracle, et sa vie apostolique va prendre une nouvelle intensité. Marie lui a fait "devancer l'heure" par ce premier des signes que Jésus a accompli.

Il faut souvent revenir à ce signe de Cana qui porte en lui la préfiguration du mystère de la croix victorieuse par laquelle Jésus répond à tous les manques de notre humanité. Comprendre comment, en confiant à Marie tous nos soucis, Celle-ci les confie à son Fils bien-aimé. Il nous faut comprendre que ce n'est pas à nous de savoir par avance comment Jésus répondra à nos demandes qui lui sont présentées par sa Mère... mais que nous devons partager avec Marie cette confiance absolue en Jésus. Cette confiance nous la manifestons à travers notre obéïssance inconditionnelle à tout ce qu'Il nous demandera, même si certains actes réclame de nous une forme d'héroïsme... Puiser de l'eau, alors qu'il manque de vin...

Par Frédéric Tavernier Vellas - Publié dans : Centuries sur la Théologie Mystique
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Mardi 25 novembre 2008 2 25 /11 /2008 10:02

La maternité divine de Marie enveloppe toute sa vie, depuis sa conception jusqu'à son entrée dans la Gloire dans le mystère de la Dormition. Marie vit éternellement ce mystère de maternité divine dans le Ciel. La grande vision johannique, qui nous est donnée dans l'Apocalypse, nous montre la Femme dans le Ciel qui enfante.

Nous devons comprendre de l'intérieur ce que représente ce mystère de la maternité divine. Il est la vocation propre de cette petite enfant d'Israël qu'est la Vierge Marie. L'Eglise Orthodoxe place cette vocation de Marie au sommet de toutes les louanges que l'on peut adresser à la Toute-Sainte, Panaghia. 

La maternité divine de Marie s'exerce non seulement à l'égard du Logos incarné mais également à l'égard de tout son Corps mystique.  Revenons un peu à ce texte de saint Jean le Théologien :

"Un grand signe apparut dans le Ciel. Une femme vêtue de soleil, la lune sous les pieds, et sur la tête un couronne de douze étoiles."

Ce vêtement de gloire de Marie, c'est le Soleil de Justice. Il désigne à la fois le Logos divin, dont Marie est revêtue, et le mystère de l'Esprit-Saint qui a "épousé" Marie en toute sa personne. Il n'y a rien en Marie qui ne soit l'oeuvre de l'Esprit-Saint. Il n'y a rien en Marie qui résiste ou ait résisté à l'Esprit-Saint. Elle est emplie de l'Esprit-Saint. Elle est "participante de la nature divine" dans une mesure qu'aucune créature humaine ou angélique n'a jamais pu atteindre.

Dans le chapitre de son livre A l'image et à la ressemblance de Dieu , consacré à la Mère de Dieu Toute-Sainte, "Panaghia", Vladimir Lossky rappelle cette sainteté unique de Marie. Cette sainteté contemplative puisque Marie a gardé de manière unique la Parole de Dieu "conservant toutes ces paroles dans son coeur". Il rappelle que Marie personnifie le mystère même de la Tradition. Or, c'est cela la maternité divine regardée dans une lumière contemplative. Marie incarne dans sa personne, et ceci pour toute l'Eglise, le mystère de la Tradition. La Tradition c'est le mystère de la Vie en Christ, du Christ vivant dans son Eglise. La Tradition c'est l'union de la personne humaine au Christ vrai Dieu et vrai Homme. La Tradition c'est le Christ vivant en l'homme. Qu'ils soient Un en nous, Père, comme nous sommes Un. C'est ce mystère d'unité de vie, de lumière et d'amour qui a été réalisé en Marie d'une manière unique et incomparable et qui nous est donné en Elle pour que nous en vivions à notre tour.

Il y aurait beaucoup à regarder, à contempler dans cette réalisation de la Sagesse divine pour l'humanité, la re-création et la divinisation de la personne humaine en Christ. Nous y reviendrons bien sûr, car il faut toujours y revenir !

Par Frédéric Tavernier Vellas - Publié dans : Centuries sur la Théologie Mystique
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