Nous découvrons dans les débuts de la vie apostolique de Jésus le premier signe que Jésus ait accompli, en présence de Marie et de ses disciples. C'est à Cana de Galilée. Marie a été invitée à une noce, et sont invités également Jésus et ses disciples. Manifestement, le texte de saint Jean le Théologien le suggère fortement, c'est Marie qui est l'invitée principale de ces noces... Jésus et les disciples sont invités avec Elle. Cela a peut être une certaine importance pour comprendre le déroulement de ce qui suit.
Voici, alors que la fête est déjà avancée, que le vin vient à manquer. Il n'est pas difficile de comprendre la gêne de l'hôte de cette fête... Il pensait sans doute qu'il avait prévu largement, comme on le fait dans ces occasions, mais les convives ont bu plus qu'il ne l'avait prévu. Il n'y a plus de vin.
L'hôte, qui avait invité Marie et avait confiance en Elle, s'est sans aucun doute confié à Elle. "Nos réserves se sont épuisées, nous n'avons plus de vin..." Celui-ci est triste et désemparé. Il y a un manque et il ne voit aucune solution pour y pallier. C'est terrible de voir ce qui nous manque et de n'avoir aucun moyen humain pour y remédier. C'est une terrible pauvreté qui, pour cet homme, se double d'une humiliation certaine en face de ses convives...
Marie répercute la confidence à Jésus. Si les convives s'étaient aperçu de ce manque de vin, Marie n'aurait pas eu à dire à Jésus : "ils n'ont plus de vin", ou alors Jésus aurait sans doute répondu à Marie : "Je le sais, mais en quoi y pouvons-nous quelque chose toi et moi" ? Or Marie vient dire à Jésus : "ils n'ont plus de vin". Marie demande-t-Elle à Jésus d'accomplir un miracle ? Non. Elle Lui signale qu'ils n'ont plus de vin. Elle ne sait pas de quelle manière Jésus va venir en aide à ce malheureux hôte dont la fête risque bien de tourner court et d'être un peu gâchée. C'est cela qui est si grand dans l'attitude de Marie. Elle a simplement confiance en son Jésus, une confiance plénière.
Jésus reçoit, comme à son habitude, cette demande à un niveau qui excède radicalement le simple besoin humain. Il répond à Marie en tournant son regard vers la mission qu'Il a reçue du Père, vers son heure. "En quoi cela nous revient-il à toi et à moi ?" demande-t-il à Marie. Jésus renvoit Marie à cette unité radicale d'amour et de vie qui les lie, tous les deux, pour l'éternité. Ils sont "un" dans l'intention qui noue leur coeurs, cette intention d'accomplir jusqu'au bout la volonté du Père, jusqu'au Sacrifice de la Croix par lequel le vin nouveau sera répandu sur tous les hommes.
Marie a bien saisi le message de Jésus. Elle n'a pas besoin qu'on lui explique ce que Jésus a voulu lui dire. Si les commentateurs de cette scène des Noces de Cana se sont étonnés de la manière dont Jésus a répondu à Marie, Celle-ci, au contraire, a reçu ces paroles comme une indication de la part de Jésus de la portée de sa demande dans le coeur de son Fils. Elle va donc voir les serviteurs, sans se troubler, et ne leur demande qu'une seule chose : qu'ils partagent la confiance absolue que Marie porte à son Fils : "Faites tout ce qu'Il vous dira".
Ceux-ci vont s'appuyer sur la parole de Marie pour exécuter un geste qui en toute autre circonstance et commandé par une toute autre personne serait définitivement absurde. Qui remplirait des jarres d'eau servant à des ablutions rituelles pour satisfaire à la demande du maître du festin d'apporter plus de vin ?
Il les rempliront ces jarres et ils en feront goûter au maître du festin... Nous connaissons la suite. L'eau est transformée en vin et ce vin est d'une telle saveur que le maître du festin s'étonne que l'hôte ait pu garder un tel vin pour la fin de la fête...
Jésus a dépassé la demande en réalisant un miracle extraordinaire... Mais dès lors, Il apparaît comme un thaumaturge, un faiseur de miracle, et sa vie apostolique va prendre une nouvelle intensité. Marie lui a fait "devancer l'heure" par ce premier des signes que Jésus a accompli.
Il faut souvent revenir à ce signe de Cana qui porte en lui la préfiguration du mystère de la croix victorieuse par laquelle Jésus répond à tous les manques de notre humanité. Comprendre comment, en confiant à Marie tous nos soucis, Celle-ci les confie à son Fils bien-aimé. Il nous faut comprendre que ce n'est pas à nous de savoir par avance comment Jésus répondra à nos demandes qui lui sont présentées par sa Mère... mais que nous devons partager avec Marie cette confiance absolue en Jésus. Cette confiance nous la manifestons à travers notre obéïssance inconditionnelle à tout ce qu'Il nous demandera, même si certains actes réclame de nous une forme d'héroïsme... Puiser de l'eau, alors qu'il manque de vin...
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Derniers Commentaires