Samedi 5 décembre 2009
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Eux qui, en cet instant, fuyaient, encore à bout de souffle, le massacre des enfants ;
Oh, sans qu'il y paraisse, comme ils avaient grandi au cours de cette longue marche.
A peine jetaient-ils encore derrière eux, un timide regard, et l'étreinte de leur frayeur s'était-elle dissipée, que déjà, sur leur mule grise, ce sont des villes entières qu'ils devaient mettre en
péril.
Car tandis qu'ils s'approchaient de temples imposants, eux, tout petits – presque infimes – en ce vaste pays, tous les faux dieux, comme trahis, étaient réduits à rien et perdaient complètement la
raison.
Peut-on imaginer que, tout au long de cette marche, toute chose désespérée se mette soudainement en colère ? Ils se firent peur à eux-mêmes.
L'enfant seul était indiciblement confiant.
Là-dessus, toutefois, il fallait qu'ils s'assoient un moment. Mais là, vois : l'arbre qui les couvrait silencieusement, tel un serviteur, vint à eux. Il s'inclina. Le même arbre, celui dont on fait
des couronnes pour préserver le front des pharaons morts, durant leur séjour éternel, il s'inclina. Il sentait que de nouvelles couronnes allaient éclore. Et eux se trouvaient assis-là, comme en
rêve.
Par Frédéric Tavernier Vellas
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Publié dans : Le Regard du Poète
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