Mercredi 21 janvier 2009
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Nous avons appris avec tristesse la mort récente du théologien orthodoxe français Olivier Clément. C'est une grande
tristesse pour toute l'Eglise Orthodoxe et particulièrement pour l'Eglise Orthodoxe qui est en France, même si la naissance au Ciel d'un ami du Christ doit rester pour nous une joie puisque
nous la vivons dans l'espérance.
Olivier Clément a été pour beaucoup un guide éclairé vers la foi en la divino-humanité du Christ et en l'Uni-Trinité et également un homme dont la fréquentation était tout simplement
passionnante.
Il est rare que s'unissent en un même homme et avec une telle intelligence deux compétences, certes complémentaires, mais qui trop souvent - nous le voyons chez certains exégètes
- risquent de s'affronter l'une l'autre : la science historique et la théologie.
Olivier Clément portait ces deux compétences en lui, sans conflit ; l'une et l'autre s'enrichissaient mutuellement. Il était un grand historien qui enseignait dans le prestigieux lycée "Louis
le Grand" à Paris et un grand théologien nourri des pères de l'Eglise et des plus grands philosophes et théologiens de notre temps : il a enseigné la théologie pendant de très nombreuses
années à l'Institut Saint Serge à Paris, le grand Institut de Théologie Orthodoxe de France.
Olivier Clément, issu d'une famille plutôt anti-cléricale, a rencontré le Christ et a décidé de le suivre avec une grande foi. C'est dans l'Eglise Orthodoxe qu'il a accompli ce chemin à la suite du
Christ et cela il nous le raconte dans son livre l'Autre Soleil... Depuis cette rencontre avec le Christ, il a aimé passionnément l'Orthodoxie, sa tradition liturgique, sa tradition iconographique,
sa tradition patristique et théologique, sa confession de foi dans les périodes de persécution, son monachisme, sa prière contemplative...
Olivier Clément était pétri de l'Orthodoxie la plus profonde, qu'il recevait également comme homme de culture, ami des arts, admirateur de la grande littérature, de la poésie, de la musique, du
cinéma...
Il pouvait parler de tout cela avec un grand bonheur. Je me souviens de l'avoir entendu parler d'un "art du seuil" lorsqu'il considérait l'importance de l'art pour les hommes de notre temps... un
art qui dispose, qui ouvre le coeur, qui élève l'esprit, qui le rend plus vulnérable et attentif aux appels de l'amour et, par là, de l'amour divin. Il fallait entendre Olivier Clément parler
d'Andreï Roublev, de Dostoïevsky, de Tarkovsky et de bien d'autres... Il comprenait les artistes avec profondeur et finesse, tout comme son grand ami Paul Evdokimov.
Olivier Clément a contribué à faire connaître et aimer l'Orthodoxie en France. Les catholiques assistant à ses conférences pouvaient goûter à sa très grande spiritualité, s'en nourrir, sans jamais
se sentir agressés. Il savait tourner ses conférences de telle manière que c'était avant tout le grand trésor des mystères célestes que l'on approchait et le trésor commun de toute la chrétienté :
l'enseignement spirituel des pères de l'Eglise.
Ainsi, tous pouvaient trouver dans ses paroles un réconfort, une soif renouvelée, un désir de progresser et de découvrir les secrets de la vie spirituelle : la prière liturgique, la prière du
coeur, la charité envers les frères, la transfiguration du monde qui nous entoure par la beauté...
Olivier Clément était un grand auteur et un grand orateur. Sa parole était très particulière... Il savait s'exprimer avec l'art du discours le plus raffiné, sans perdre jamais la simplicité. C'est
pourquoi Olivier Clément était très attachant.
Sa connaissance des pères de l'Eglise était aussi vaste que profonde mais toujours dans une lecture ordonnée à un véritble profit spirituel. Il avait certes une connaissance profonde et précise de
l'enseignement des pères, mais non pas dans un but d'érudition. Non, il faisait son miel de l'enseignement des pères, l'assimilant et le transformant dans une prière intérieure profonde et
dans une volonté de servir ses frères en servant l'Eglise.
Olivier Clément était d'une sensibilité rare. Il portait les souffrances, les angoisses de l'homme moderne et les comprenait avec une grande compassion. Il pouvait dialoguer aussi bien avec des
hommes athées qu'avec des hommes d'autres religions, ou encore avec ses frères chrétiens d'autres confessions... Sans jamais perdre les convictions qui le faisaient vivre, il pouvait entendre,
comprendre, dialoguer avec les autres en dégageant une grande paix dans ce dialogue et sens aigu de l'écoute de l'autre.
Pour terminer ce court, trop court, hommage à un homme peu commun... J'aimerais seulement vous dire, Monsieur Clément, la gratitude de tous ceux que vous avez nourris, fortifiés, consolés par vos
paroles inspirées et combien les chrétiens orthodoxes et bien d'autres chrétiens gardent dans leur coeur tout ce que vous avez semé pendant toutes ces années d'enseignement et de témoignage fervent
rendu au Christ qui a été votre plus grande passion sur la terre.
Du haut du Ciel, continuez à prier pour nous et à nous soutenir !
Par Frédéric Tavernier Vellas
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J'avais besoin d'être seule à l'écute de cette Foi inébranlable pour me rappeler que moi aussi j'étais orthodoxe, mais une orthodoxe lâche et ingrate puisque j'ai abandonné volontairement depuis une dizaine d'années toute pratique religieuse.
Peut-être qu'en osant sortir du silence, et par l'audace de ces lignes, je prendrais conscience que la main tendue attend la mienne, ou au moins un effleurement des doigts..
Participer à la Beauté du Monde (une éthique qui m'est chère) est peut-être incomplète si on ne la relie pas au Divin...
Merci pour les lignes magnifiques écrites sur Olivier Clément, voyageur de l'espace divin..
Merci de ce très beau témoignage que vous rendez à Olivier Clément, qui s'est profondément engagé au service de l'Église Orthodoxe. C'est avec tout son être qu'il s'est investi à la suite du Christ, laissant ainsi poindre un profond sens de l'unité qui guidait sa vie. Notre monde a bien besoin de tels témoins!
Un frère de l’Église d’Occident