Théologie Orthodoxe
Ορθόδοξη Θεολογία
Frédéric Tavernier Vellas
| Juillet 2009 | ||||||||||
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Le mystère de la maternité divine de Marie s'achève dans la Personne de Jésus qui est une Personne divine. Cela ne
diminue en rien le caractère réel de l'humanité du Christ. Jésus a assumé notre nature humaine pleinement et totalement. Ainsi, Marie dans sa maternité donne naissance à un homme absolument
parfait, doté de toutes les qualités propres à un homme, qualités qu'Il possède avec une perfection unique liée au mystère de l'union hypostatique qui n'existe qu'en Lui.
Nous comprenons ici le caractère apophatique de cette contemplation et comprenons toutes les interrogations et toutes les discussions que les théologiens, à toutes les époques, ont suscitées dans
leur effort d'éclairer un peu l'intelligibilité du mystère.
Ici les opinions, les hérésies également, se sont multipliées : discussions sur le caractère réel des deux natures divine et humaineen Christ, discussion sur l'unité ou la dualité des
personnes en Christ, sur le caractère unique ou double de son être, sur le statut de l'humanité sainte du Christ... est-elle créée ou non ?
Si Jésus existait comme Logos de toute éternité, puisqu'Il est co-éternel au Père, son humanité sainte a eu pourtant un commencement réel, dans un temps réel. Si pour l'homme, l'âme est ousia
(substance), l'âme humaine du Christ est-elle ce qui lui donne sa subsistance, Lui qui subsiste dans le Logos éternel.
Plus récemment la question de l'existence de la foi dans le Christ a été débattue. Si le Christ a vu le Père, s'Il est Dieu fait homme, peut-on concevoir que le Christ doive être semblable à nous
jusqu'à posséder la même foi que nous ou alors son intelligence d'homme, en raison de sa filiation divine, voit-elle dans la lumière divine ce que les autres ne peuvent rejoindre que
dans la foi ? Jésus, le Fils de Dieu, ne connaît-il pas tout ?
Nous comprenons notre besoin continuel d'approfondir notre regard sur Jésus. Nous voyons à quel point nous ne le connaissons pas, ou si peu... Jésus est vraiment un homme. Il possède une
intelligence humaine, un coeur humain, des passions humaines même si celles-ci, à la différence de nous, sont parfaitement au service de son intelligence et de son coeur. Jésus est un homme
véritable avec un corps d'homme véritable, ce corps qui a été formé en Marie, la Mère de Dieu.
Jésus a été conçu, formé dans le sein de Marie et il a connu une croissance, une naissance, un développement et il a grandi sans cesse en de nouvelles expériences dans son existence d'homme sur
la terre. Jésus a connu la naissance et la mort. Celui que Marie a tenu dans ses bras à Bethléem et Celui qu'Elle a étreint avant la mise au tombeau était bien un homme, le plus beau des enfants
des hommes !
Ceux qui connaissent le Père Justin Popovitch savent combien le théologien serbe était dans l'admiration en face de ce
mystère. Dans son traité Philosophie Orthodoxe de la Vérité, dans la partie consacrée au Christ (deuxième volume de l'édition française) il consacre de longues pages à la mise en lumière
de la divino-humanité du Christ. Ces pages sont de longues contemplations ; tout d'abord, sur le Christ vrai Dieu, puis sur le Christ vrai homme sans que l'une de ces dimensions puisse
infirmer l'autre. C'est cela que le théologien doit garder même si notre intelligence est quelque peu crucifiée par cette double affirmation qui est Sagesse de Dieu mais, sans doute également,
folie pour les hommes. De cette difficulté proviennent toutes les "échappées théologiques" qui cherchent, par une voie ou par une autre, à réduire cette antinomie. Dans la philosophie
occidentale, l'opposition du Jésus historique et du Jésus de la foi procédait de cette même tentative. Tous ceux, également, qui voudraient faire de Jésus un homme se divinisant progressivement
sont dans la même perspective... La croissance en Jésus a été une croissance humaine et non une croissance en "divinité".
C'est donc une relation de véritable mère à l'égard de son enfant que Marie a connue avec son Jésus. Elle a été maman au sens le plus réaliste du terme. Mais cet enfant, dont Marie n'a jamais pu
oublier l'origine, était réellement Dieu, le Fils du Père. Voyez-vous comment Marie va vivre à la fois dans l'adoration de cet enfant, mais également dans la relation de la Mère attentive à son
petit, à cet enfant qui pendant les années d'enfance sera tout entier relatif à Elle et à Joseph.
Jésus, durant ces années, sera dépendant d'eux et soumis à leur autorité. Comment celui qu'on adore peut-il se soumettre à l'autorité de celui qui l'adore ? Cela c'est un mystère d'amour et
d'amour divin que l'on ne peut comprendre que dans la lumière de l'amour divin. Jésus reçoit l'autorité de Joseph et de Marie et s'y soumet pleinement. Cela est clairement indiqué au moment où
Jésus reste au Temple, à converser avec les docteurs de la Loi, alors qu'Il est âgé de douze ans environ. "Il leur était soumis". Dans la vie apostolique Jésus devance son heure pour répondre au
désir de Marie. Cela c'est passé à Cana où Jésus a accomplit son premier signe : Il transforma l'eau en vin pour répondre à l'appel de Marie : "Ils n'ont plus de vin"...
Nous reviendrons, la prochaine fois, sur ce mystère de la maternité divine de Marie pour en mettre en lumière la dimension contemplative en Marie.
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