Jeudi 13 novembre 2008
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Adaptation poétique libre du texte de Rilke
en français par Frédéric Tavernier Vellas.
Qu'un ange soit entré, ce n'est pas là,
comprends-le, ce qui l'a bouleversée.
Pas plus que d'autres ne sursautent lorsqu'un rayon de soleil
ou une clarté de lune, durant la nuit, s'agitent dans leur chambre.
Non, elle ne se troubla pas de l'aspect sous lequel se présenta l'Envoyé.
Tout juste éprouva-t-elle qu'un tel séjour fut malaisé pour l'ange.
(O si nous savions combien elle était pure. Est-ce qu'une biche qui,
un jour l'aperçut, se reposant dans la forêt et de cette vision
fut si intimement pénétrée n'engendra pas au dedans d'elle
et sans accouplement la licorne, l'animal composé de lumière
l'animal tout-à-fait pur...)
Ce n'est pas qu'un ange s'introduisit chez elle,
mais il pencha si près son visage d'adolescent vers elle
que ses yeux et ceux qu'elle élevait vers lui s'harmonisaient si bien
que tout, à l'entour, semblait subitement vide.
Voici soudain que tout ce que des millions d'hommes voyaient,
faisaient, supportaient se concentrait au-dedans d'elle.
Seulement elle et lui, la vision et ce qui est vu,
l'oeil et le plaisir de l'oeil, nulle part ailleurs qu'en cet endroit : vois !
Quel effroi est engendré ici. Tous les deux en furent effrayés ;
C'est alors que l'ange entonna son chant.
Par Frédéric Tavernier Vellas
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Publié dans : Le Regard du Poète
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