Théologie Orthodoxe
Ορθόδοξη Θεολογία
Frédéric Tavernier Vellas
| Juillet 2009 | ||||||||||
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Le chemin de Jésus vers l'accomplissement de l'heure pour laquelle Il est venu sur la
terre est marqué par tous les tourments humains les plus lourds à supporter. Nous avons vu comment les grands-prêtres et les scribes se sont unis contre Lui, comment ils ont voulu sa mort.
La jalousie est homicide dira simplement saint Jean le Théologien. C'est par la jalousie du diable que la mort est entrée dans le monde ajoutera-t-il. Il est clair que Jésus est l'objet de très
nombreuses jalousies et que tous ceux qui sont attentifs à Lui ne sont pas toujours mûs par un intérêt limpide : la quête de la vérité, la foi ou l'amour... Cette jalousie s'explique parce
que ceux-ci ne croient pas en Lui. Pour eux, il n'est qu'un homme... mais Dieu semble être avec Lui, semble l'exaucer dans ses demandes et le peuple va vers Lui avec liesse !
La jalousie est une chose terrible surtout lorsqu'elle est religieuse (si l'on peut s'exprimer ainsi). N'est-ce pas ce que nous voyons dès les commencements de l'humanité avec Caïn et Abel. Abel,
dont le coeur est pur et sans détour, est entendu de Dieu, son sacrifice est agréé par le Seigneur. Caïn, lui qui n'offre qu'un sacrifice extérieur, n'est pas reçu, son sacrifice ne touche pas le
coeur de Dieu et il le sait. Caîn tue son frère parce qu'il ne peut supporter de voir de quel amour il est aimé.
"Ce peuple m'honore des lèvres mais son coeur est loin de moi" dira le prophète Isaïe. Jésus fait l'objet de terribles jalousies de la part du clergé, de la part des savants (les scribes), de la
part des pharisiens.
Parmi eux, il en est qui ne s'intéressent à Jésus que pour chercher le moyen de Lui nuire et le temps opportun pour Le détruire. C'est la haine noire, spirituelle, qui est la marque du
diable dans l'âme de ceux qui se laissent prendre par son idéologie mysanthrope et s'enferment orgueilleusement dans cette haine en la justifiant intellectuellement. Le péché du diable est un
péché d'intelligence, un péché d'orgueil, il ne faut pas l'oublier.
Il y a ceux également qui, sans partager cette haine, n'ont pas le courage de s'y opposer, qui ont peur qu'on leur tienne rigueur de ne pas participer au consensus contre Jésus. Ils craignent
d'être exclus, persécutés pour avoir soutenu Jésus. Ce n'est pas facile de supporter la persécution ou l'exclusion surtout lorsqu'elle vient des grands-prêtres qui sont reconnus unanimement comme
les autorités religieuses qu'il faut écouter et respecter.
Caïphe porte une terrible responsabilité dans cette coalition contre le Seigneur. Il n'ont pas reconnu le Seigneur, pas plus qu'Hérode. Ils craignaient pour leur pouvoir, pour leur gloire
personnelle. "Comment pourriez-vous croire, vous qui tirez votre gloire les uns des autres ? leur avait demandé Jésus"
La recherche de la gloire humaine constitue, selon les Pères, un terrible obstacle à la contemplation. Cette haine des grands prêtres, des pharisiens et des scribes, est très lourde pour Jésus
qui aime son peuple, sa religion, la Tora. N'a-t-il pas dit : nous parlons, nous, de ce que nous connaissons, car le Salut vient des Juifs" ? Il vient apporter à son peuple
l'accomplissement de toutes les promesses annoncées dans la Loi et les Prophètes.
Mais il est également une colère très sourde qui a envahi peu à peu le coeur d'un des disciples les plus proches de Jésus, une colère qui va éclater au grand jour, celle de Judas Iscariote.
Celui-ci a voulu suivre Jésus, Il est resté, jusqu'à la veille des Saintes Passions, un membre de la petite communauté des apôtres malgré les oppositions qu'Il portait dans son coeur. Il a
participé à la vie des apôtres et vu les miracles opérés par Jésus. Il a participé à l'annonce de l'évangile avec les autres apôtres et il a reçu, comme eux, le pouvoir de guérir les malades, de
chasser les démons. Pourtant son coeur s'est retourné contre Jésus.
Nous avons vu comment Jésus l'avait averti lors de la discussion qui a suivi la multiplication des pains. Jésus avait dit alors : "ne vous ai-je pas choisis, vous les douze ? Pourtant l'un
d'entre vous est un démon !" Judas aurait dû alors dévoiler à Jésus les pensées de son coeur. Il aurait dû dévoiler son incrédulité. Mais il s'est enfermé dans le mensonge. C'est ce mensonge qui
va le conduire peu à peu à sa perte. Le mensonge est également le signe de la présence du démon, il est le père du mensonge, il n'y a pas de vérité en lui. Judas va ainsi devenir l'instrument du
démon, malgré la conscience qu'il a de l'innocence de Jésus.
Dans la prière sacerdotale, au chapitre 17 de l'évangile de saint Jean le Théologien, Jésus, dans sa prière, s'adresse au Père en lui disant que de ceux que le Père lui a donnés, Jésus n'en a pas
perdu un seul, hormis le fils de la perdition afin que la prophétie soit accomplie. Jésus demeure dans une très grande discrétion à l'égard de Judas. Il exerce sa miséricorde envers lui
jusqu'au bout.
Le moment où le chemin de Judas et des autres disciples se divise définitivement est l'institution de l'Eucharistie qui a été précédée par le lavement des pieds des disciples. Jésus a donné
là son testament aux apôtres. Accomplissant le geste du serviteur, Jésus leur apprend l'attitude qui devra être celle de ses disciples, celle par laquelle on les reconnaîtra comme des disciples
de Jésus. "C'est à l'amour que vous aurez les uns pour les autres que tous vous reconnaîtront comme mes disciples". C'est un amour qui va jusqu'à laver les pieds de Judas. C'est un amour qui ira
jusqu'à lui donner la bouchée... celle de son corps eucharistique. "Celui qui partageait mon pain a levé contre moi le talon." avait dit la prophétie.
Judas sortira alors, de nuit, et ira livrer Jésus au grands prêtres pour trente deniers.
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