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Profil

  • : Frédéric Tavernier Vellas
  • Le Blog Théologie Orthodoxe par Frédéric Tavernier Vellas
  • : Homme
  • : 15/11/1959
  • : France Haute Garonne
  • : philosophie théologie orthodoxie musique byzantine
  • : Docteur en Philosophie, diplômé en musique byzantine(Athènes), Frédéric Tavernier Vellas est chanteur de l'Ensemble Organum, protopsalte de la paroisse orthodoxe roumaine de Toulouse et directeur artistique de l'association Egéo-Apmh
Mercredi 16 janvier 2008 3 16 /01 /2008 21:04

  L'origine de cet hymne est liée à des évènements concernant l'histoire de la ville de Byzance, capitale de l'Empire d'Orient.
En 626, l'empereur Héraclius, après avoir confié sa ville assiégée par les Perses au patriarche oecuménique Sergius, la quitte, et se fraie difficilement un chemin parmi les rangs des assiégeants, pour se rendre dans les provinces, et lever une armée capable de mettre en déroute les envahisseurs. 
La nuit du sept août de la même année, le moment prévu par les Perses pour paser à l'attaque, ledit patriarche ordonne à l'armée et à tout le peuple de monter sur les remparts et de veiller les armes à la main. Et c'est alors qu'on entendit monter vers le ciel le chant de strophes clamant les louanges de la Mère de Dieu, entrecoupés par des refrains tels que : "Salut, ô Epouse sans époux, Allilouïa" et attribués à Romanos le mélode (+560), ou au patriarche Sergius lui-même, ou encore à Georges de Pisidie, conservateur de la bibliothèque de la Grande Eglise et contemporain du patriarche Sergius.
Ce n'était pas un hymne de guerre. C'était un chant à la gloire de la Mère de Dieu, chant qui revenait spontanément sur les lèvres des fidèles dans les heures difficiles.La nuit tombante, les rangs de l'ennemi se mettent en mouvement. En vain le patriarche et les assiégés regardent le Bosphore dans l'espoir de voir poindre à l'horizon les navires d'Héraclius accourant à leur secours. Le ciel restait leur dernier recours.
Et voilà que le miracle tant attendu se réalise. Une Dame, belle et magnifique, parue dans le ciel, faisait reculer, de sa main levée, les armées barbares qui ne tardèrent pas à se retirer dans le plus grand désordre, remplissant l'atmosphère d'un bruit assourdissant.

Au lever du soleil, l'apparition disparait et avec, l'ennemi. Le peuple se mit alors de nouveau à chanter l'hymne de la Vierge.A cette occasion,le patriarche dota cet hymne traditioneld'une nouvelle introduction rappelant le miracle du salut de la Capitale et déclarant la Vierge pure comme une "invincible chef d'armée", et reine de la ville régnante "ta ville ô Mère de Dieu", et ordonna de célébrer la mémoire de ce miracle le cinquième samedi du Carême.

Au VIIIè siècle, les vingt-quatre strophes furent précédés d'un canon composé de neuf Odes, attribué à Joseph le rédacteur.

Si cet hymne se chante encore aujourd'hui debout c'est pour rappeler que lors du siège de Byzance, le peuple l'avait chanté debout sur les remparts de la ville.

Tropaire du Samedi de l'Akathiste :

Lorsque l'Incorporel prit connaissance de l'ordre mystérieux, il se présenta aussitôt dans la maison de Joseph et dit à la Vierge : celui qui, en descendant sur la terre,a incliné les cieux, demeure entièrement en vous, sans éprouver de changement. Le voyant dans votre sein prendre la forme d'un esclave,de stupeur, vers vous, je m'écrie : Salut à vous, Epouse et Vierge !




Hirmos de la première Ode :

J'ouvrirai la bouche, et elle sera remplie de l'Esprit, et je prononcerai un discours en l'honneur de la Reine Mère ; on me verra la célébrer avec éclat, et joyeux, je chanterai ses merveilles.






Hirmos de la troisième Ode (traditionnellement la seconde est omise) :

Ô Mère de Dieu, source vivante et abondante, en ce jour de votre mémoire sacrée, fortifiez ceux qui vous célèbrent en une fête spirituelle et rendez-les dignes de la couronne de gloire.






Hirmos de la quatrième Ode :

Jésus, le Dieu suprême, qui siège dans la gloire sur le trône de la Divinité, est venu sur une nuée légère, et de sa main puissante, Il a sauvé ceux qui lui crient : Gloire, ô Christ, à ta puissance.


 


Hirmos de la cinquième Ode :

Toute la création est en transports à cause de votre divine gloire, car, vierge sans époux, vous avez porté dans votre sein le Dieu qui domine tout et vous avez mis au monde le Fils qui est hors du temps et qui procure le salut à tous ceux qui vous louent.





Hirmos de la sixième Ode :

Venons, sous une inspiration divine, applaudir des mains et célébrer cette divine et glorieuse fête de la Mère de Dieu, et glorifions Dieu qui est né d'elle.






Hirmos de la septième Ode :

Ils n'adorèrent pas la créature au lieu du Créateur
 , ceux qu'inspirait la Sagesse de Dieu ; mais surmontant courageusement la menace du feu, ils se mirent à chanter avec joie : Toi qui es au-dessus de toute louange, tu es béni, Seigneur, Dieu de nos Pères.





Hirmos de la huitième Ode :

L'enfantement de la Mère de Dieu  sauva les Saints Enfants de la fournaise, qui le préfiguraient ; devenu réalité à présent, il rassemble tout l'univers pour chanter : Louez le Seigneur, vous ses oeuvres, et exaltez -Le dans tous les siècles.






Hirmos de la neuvième Ode :

Que tout fils de la terre tressaille en esprit, tenant en sa main un flambeau, et que la nature des esprits immatériels célèbre dans la joie la fête sacrée de la Mère de Dieu en s'écriant : Salut, Mère de Dieu toute pure, toute bienheureuse et toujours vierge.







Pour terminer voici la cantilation d'une stance de l'Akathiste :






Les pièces musicales proposées dans cet article sont des extraits d'un collectage de Maximos Fahmé réalisé l'an dernier par l'association Egéo Apmh, avec le soutient de l'Abbaye de Scourmont (Belgique). Maximos Fahmé a réalisé un livre dédié à l'Akathiste de la Mère de Dieu présentant les pièces qui sont chantées dans son Eglise. Le livre présente l'attrait de posséder une transcription en musique occidentale en plus de la notation originale et une transcription de différentes pièces grecques et arabes en lettres latines...
Ceux qui sont intéressés peuvent se renseigner auprès de l'association Egéo Apmh :
http://apmh.free.fr
Par Maximos Fahmé - Publié dans : Musique Byzantine
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