Lundi 22 juin 2009
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L'apôtre des nations, saint Paul, nous dit dans la première épître au Corinthiens : "Quant à moi, frères, il m'a été
impossible de vous parler comme à des hommes spirituels, mais seulement comme à des hommes charnels, comme à des petits enfants en Christ. Je vous ai donné du lait à boire et non de la nourriture
consistante parce que vous ne l'auriez pas supportée.... Aujourd'hui encore vous ne la supporteriez pas (...) puisqu'il y a encore parmi vous jalousies et querelles..."
Quels chrétiens sommes-nous ? Que dirait saint Paul s'il écrivait à nos églises en ce début du troisième millénaire du christianisme ? La situation a-t-elle changé ? Il y a toujours parmi nous jalousies et querelles, divisions, volonté de puissance...
Que savons-nous de la vie spirituelle ? Quelle expérience avons-nous de la vie en Christ ?
Nous avons le sentiment de devoir repartir sans cesse du début. Qu'avons-nous réellement compris de l'enseignement de Jésus ? Notre coeur est-il empli du saint Esprit ?
Ce qui est rassurant, c'est que les apôtres eux-mêmes, qui vivaient dans une telle proximité avec le Christ, semblent avoir connu bien des difficultés pour recevoir cet enseignement de sagesse divine... Courage donc, et s'il faut recommencer sans cesse, au moins cette bonne volonté maintiendra en nous l'espérance salutaire.
Quel est le point de départ de la vie spirituelle ? Il est double pourrait-on dire : le Christ et nous-mêmes. La découverte du Christ rejaillit directement sur la connaissance que nous avons de nous-mêmes.
Le visage du Sauveur
Découvrir le visage du Christ est la première étape, l'éveil, de notre vie spirituelle. Découvrir son visage et particulièrement son regard tourné vers nous. Découvrir qu'Il nous regarde et de quel amour Il nous regarde. Rencontrer le visage de l'Amour divin, du Feu divin, en contemplant la Face du Sauveur.
Lorsque nous découvrons que nous sommes regardés avec amour, notre coeur est troublé. C'est ce qui est arrivé à Marie lors de la salutation de l'Ange. A travers la présence et les paroles de l'Ange, elle a touché la présence et le regard du Père tourné vers elle et elle en fut toute troublée. Ceci relève de l'expérience. C'est une rencontre.
Si nous regardons le visage du Christ sur une icône, si nous le regardons avec attention, cela nous met dans une attitude contemplative. Notre regard est saisi par ce regard, c'est l'icône du Christ qui, au travers de notre sensibilité, oriente notre coeur et notre intelligence vers Celui qu'elle représente. Il y a là une présence et un appel. L'icône peut provoquer l'élan de notre coeur vers celui qui siège à la droite du Père. C'est pourquoi nous aimons prier devant une icône. Elle aide notre sensibilité en l'apaisant. Elle capte notre regard et nos pensées. Elle révèle notre soif d'amour dans son silence.
La parole de Dieu nous met en présence du Logos, le Verbe de Dieu. Une parole que nous gardons dans notre coeur peut faire grandir en nous la présence de Celui qui l'a dite pour nous : "Je suis la Pain de vie", par exemple. Garder cette parole tout en sachant qu'elle dépasse notre compréhension. Jésus s'est présenté à nous comme le pain de vie... "Je suis le Pain de vie". On peut évidemment méditer sur cette parole, chercher à en comprendre le sens... Mais on peut aussi la garder pour elle-même, comme une parole d'amour que le Christ nous adresse. C'est très différent. La parole devient également présence et appel. Elle oriente notre coeur et notre intelligence vers Celui qui l'a prononcée pour nous
Cette parole nous renvoit directement à cet autre visage que le Christ a pris pour nous. Il s'est fait notre pain en nous donnant son corps à manger et son sang à boire... Il s'est donné totalement à nous dans l'Eucharistie. Chaque eucharistie est la rencontre du Christ qui se donne à nous en nourriture. Quelle rencontre ! "Si tu savais le don de Dieu" avait dit Jésus à la samaritaine.
La liturgie nous met également dans cette présence. "Lorsque deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je me tiens au milieu d'eux". A travers le prière liturgique, la prière de la communauté des chrétiens rassemblés au nom de Jésus, nous renouvelons notre expérience de la présence du Christ. La lecture et le chant des psaumes et des hymnes sacrés agissent puissamment sur notre sensibilité, notre imagination et notre intelligence. Les passions s'apaisent, l'imagination est canalisée, la sensibilité captée et l'intelligence conduite par l'exposition poétique des mystères. Le coeur peut s'approfondir et voir se former en lui des zones de silence.
La liturgie nous conduit à découvrir l'amour fraternel. Celui qui prie avec moi est ce frère , lui aussi aimé de Dieu, regardé par lui. A travers ce frère, c'est tous les hommes qui deviennent pour nous ceux que Jésus aime, ceux pour qui il a offert sa vie. Tous les hommes de toutes les races, langues, peuples et nations. Tous ont été aimés par le Christ, tous sont aimés par lui. Saint Silouane de l'Athos ou saint Isaac le Syrien étaient saisis par ce mystère d'amour fraternel que le Christ nous a transmis comme héritage et comme commandement. "Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés" et saint Jean le Théologien exhortera les chrétiens en leurs disant : n'aimez ni de mots ni de langue mais en acte et en vérité"...
Nous reviendrons à ces commencements dans notre prochain article...
Quels chrétiens sommes-nous ? Que dirait saint Paul s'il écrivait à nos églises en ce début du troisième millénaire du christianisme ? La situation a-t-elle changé ? Il y a toujours parmi nous jalousies et querelles, divisions, volonté de puissance...
Que savons-nous de la vie spirituelle ? Quelle expérience avons-nous de la vie en Christ ?
Nous avons le sentiment de devoir repartir sans cesse du début. Qu'avons-nous réellement compris de l'enseignement de Jésus ? Notre coeur est-il empli du saint Esprit ?
Ce qui est rassurant, c'est que les apôtres eux-mêmes, qui vivaient dans une telle proximité avec le Christ, semblent avoir connu bien des difficultés pour recevoir cet enseignement de sagesse divine... Courage donc, et s'il faut recommencer sans cesse, au moins cette bonne volonté maintiendra en nous l'espérance salutaire.
Quel est le point de départ de la vie spirituelle ? Il est double pourrait-on dire : le Christ et nous-mêmes. La découverte du Christ rejaillit directement sur la connaissance que nous avons de nous-mêmes.
Le visage du Sauveur
Découvrir le visage du Christ est la première étape, l'éveil, de notre vie spirituelle. Découvrir son visage et particulièrement son regard tourné vers nous. Découvrir qu'Il nous regarde et de quel amour Il nous regarde. Rencontrer le visage de l'Amour divin, du Feu divin, en contemplant la Face du Sauveur.
Lorsque nous découvrons que nous sommes regardés avec amour, notre coeur est troublé. C'est ce qui est arrivé à Marie lors de la salutation de l'Ange. A travers la présence et les paroles de l'Ange, elle a touché la présence et le regard du Père tourné vers elle et elle en fut toute troublée. Ceci relève de l'expérience. C'est une rencontre.
Si nous regardons le visage du Christ sur une icône, si nous le regardons avec attention, cela nous met dans une attitude contemplative. Notre regard est saisi par ce regard, c'est l'icône du Christ qui, au travers de notre sensibilité, oriente notre coeur et notre intelligence vers Celui qu'elle représente. Il y a là une présence et un appel. L'icône peut provoquer l'élan de notre coeur vers celui qui siège à la droite du Père. C'est pourquoi nous aimons prier devant une icône. Elle aide notre sensibilité en l'apaisant. Elle capte notre regard et nos pensées. Elle révèle notre soif d'amour dans son silence.
La parole de Dieu nous met en présence du Logos, le Verbe de Dieu. Une parole que nous gardons dans notre coeur peut faire grandir en nous la présence de Celui qui l'a dite pour nous : "Je suis la Pain de vie", par exemple. Garder cette parole tout en sachant qu'elle dépasse notre compréhension. Jésus s'est présenté à nous comme le pain de vie... "Je suis le Pain de vie". On peut évidemment méditer sur cette parole, chercher à en comprendre le sens... Mais on peut aussi la garder pour elle-même, comme une parole d'amour que le Christ nous adresse. C'est très différent. La parole devient également présence et appel. Elle oriente notre coeur et notre intelligence vers Celui qui l'a prononcée pour nous
Cette parole nous renvoit directement à cet autre visage que le Christ a pris pour nous. Il s'est fait notre pain en nous donnant son corps à manger et son sang à boire... Il s'est donné totalement à nous dans l'Eucharistie. Chaque eucharistie est la rencontre du Christ qui se donne à nous en nourriture. Quelle rencontre ! "Si tu savais le don de Dieu" avait dit Jésus à la samaritaine.
La liturgie nous met également dans cette présence. "Lorsque deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je me tiens au milieu d'eux". A travers le prière liturgique, la prière de la communauté des chrétiens rassemblés au nom de Jésus, nous renouvelons notre expérience de la présence du Christ. La lecture et le chant des psaumes et des hymnes sacrés agissent puissamment sur notre sensibilité, notre imagination et notre intelligence. Les passions s'apaisent, l'imagination est canalisée, la sensibilité captée et l'intelligence conduite par l'exposition poétique des mystères. Le coeur peut s'approfondir et voir se former en lui des zones de silence.
La liturgie nous conduit à découvrir l'amour fraternel. Celui qui prie avec moi est ce frère , lui aussi aimé de Dieu, regardé par lui. A travers ce frère, c'est tous les hommes qui deviennent pour nous ceux que Jésus aime, ceux pour qui il a offert sa vie. Tous les hommes de toutes les races, langues, peuples et nations. Tous ont été aimés par le Christ, tous sont aimés par lui. Saint Silouane de l'Athos ou saint Isaac le Syrien étaient saisis par ce mystère d'amour fraternel que le Christ nous a transmis comme héritage et comme commandement. "Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés" et saint Jean le Théologien exhortera les chrétiens en leurs disant : n'aimez ni de mots ni de langue mais en acte et en vérité"...
Nous reviendrons à ces commencements dans notre prochain article...
Par Frédéric Tavernier Vellas
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Publié dans : La vie spirituelle
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