Mercredi 15 juillet 2009
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"La crainte de Dieu est le commencement de la sagesse", peut-on lire dans le psaume 111. Nous avons si souvent entendu
cette affirmation que sa force s'est peut-être érodée dans notre esprit ou peut-être n'en saisissons-nous pas encore le sens profond. Pourtant, on ne peut s'approcher de la vie spirituelle sans
s'interroger sur cette pierre de fondation de notre vie nouvelle, notre vie en Christ.
"Bienheureux les pauvres en esprit car le royaume des cieux est à eux" annonce clairement le Christ au point de départ de son discours sur les béatitudes évangéliques. Si nous rapprochons ces deux commencements peut-être y trouverons-nous quelque lumière pour éclairer notre vie spirituelle.
Existe-t-il un lien particulier entre la crainte de Dieu et la pauvreté en esprit ? La rencontre du Christ devient saisissante lorsque, nous approchant suffisamment de Lui, nous commençons à entrevoir Qui Il est. Lorsque l'homme pressent la présence du divin son coeur en est bouleversé : "Eloigne-toi de moi Seigneur, car je suis un homme pécheur" dira saint Pierre au Christ après le miracle de la pêche miraculeuse.
Il y a donc un lien direct, immédiat, entre la rencontre du Christ et la crainte de Dieu, comme il y a un lien direct et immédiat entre la rencontre de Jésus et la prise de conscience de notre pauvreté. C'est dans la lumière du Christ que nous entrons dans l'esprit de pauvreté, c'est dans sa lumière que la crainte de Dieu va naître et se développer au plus intime de notre âme.
La pauvreté est la disposition essentielle pour entrer dans le royaume des cieux. Jésus nous met en garde contre l'attrait des richesses, contre le désir de posséder toujours plus, contre l'attitude des habitants de la terre qui n'ont d'autre finalité que de s'installer ici-bas et de jouir de tous les biens qui sont à leur portée.
La pauvreté peut s'imposer à nous de multiples manières : pauvreté du corps et du psychisme, pauvreté intellectuelle et culturelle, pauvreté matérielle et financière, pauvreté affective, pauvreté à l'égard de nos droits politiques. Ces pauvretés correspondent toujours à la privation du nécessaire ou de ce qui pourrait contribuer à nous permettre de bien vivre. Elles peuvent mettre notre bonheur humain en berne et cela durablement. Toutes ces pauvretés ne réalisent pourtant pas à elles seules la pauvreté évangélique qui est un mystère creusé au plus intime de notre âme par l'amour divin lui-même et qui est une béatitude. Elles peuvent par contre contribuer à notre purification lorsque nous en faisons l'aliment d'un plus grand amour, elles peuvent aussi augmenter notre révolte, faire de nous un homme "révolté" selon l'expression d'Albert Camus.
La pauvreté en esprit doit donc être recherchée ailleurs, dans une dimension encore plus profonde de notre coeur spirituel. Cette pauvreté spirituelle est portée par l'amour qui creuse en nous des désirs plus profonds, plus intimes. "Là où est ton trésor, là aussi sera ton coeur" disait Jésus. Cette pauvreté en esprit est une aspiration vers un trésor qui dépasse tout désir humain, une aspiration contemplative : le désir de Dieu. Ce désir de la connaître, de demeurer auprès de Lui, de l'aimer, de choisir la meilleure part à l'instar de Marie qui restait assise à écouter Jésus pendant que sa soeur Marthe se laissait accaparer par les tâches matérielles.
Cette pauvreté est détachement. On peut s'y exercer par des renoncements comme les Pères qui s'enfuyaient au désert en renonçant à leurs biens, à leurs carrières souvent brillantes, à leurs familles etc. Mais il ne faut pas oublier que cette pauvreté est avant tout un fruit de l'Esprit-Saint qui nous détache et nous libère de nos liens, bien plus que le fruit de nos efforts ascétiques qui sans l'Esprit-Saint ne nous mènent à rien de bon, si ce n'est à développer cette ultime passion, la plus spirituelle et la plus difficile à déraciner : l'orgueil. L'orgueil spirituel est le pire des maux, il conduit inéluctablement à notre diabolisation et non à notre sanctification. "Je pourrais livrer mon corps aux flammes, si je n'ai pas la charité je ne suis rien" dit l'apôtre des Nations.
C'est pourquoi la pauvreté en esprit doit toujours être accompagnée de la crainte de Dieu qui est l'humilité en face de Celui qui est notre Source. "Il est et je ne suis pas" disent les mystiques, c'est le sens même de l'adoration en esprit et vérité qui est l'expression concrète de la crainte de Dieu. La crainte de Dieu n'est pas servile, elle est adoration. Adoration non de la Toute Puissance divine du Créateur, mais de sa Sagesse et de sa Bonté. Adoration de la gratuité de son amour pour nous qui s'est manifesté dans la création et dans notre rédemption. Adoration qui est fréquentation amoureuse de Celui qui, Père, Fils et Esprit-Saint, établit sa demeure dans notre âme. Adoration qui ouvre notre coeur et notre intelligence à l'enseignement du Christ que l'Esprit-Saint nous donne de découvrir chaque jour davantage. "Il vous conduira à la vérité toute entière"...
La foi réclame un attitude d'ouverture à une lumière, un enseignement qui ne vient pas de nous. Elle exige la pauvreté en esprit, sans laquelle nous ne pouvons pas nous laisser conduire par un autre. La foi est obéissance à la lumière divine qui passe par-dessus notre propre lumière, celle de notre intelligence. Nous y reviendrons bien sûr...
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"Bienheureux les pauvres en esprit car le royaume des cieux est à eux" annonce clairement le Christ au point de départ de son discours sur les béatitudes évangéliques. Si nous rapprochons ces deux commencements peut-être y trouverons-nous quelque lumière pour éclairer notre vie spirituelle.
Existe-t-il un lien particulier entre la crainte de Dieu et la pauvreté en esprit ? La rencontre du Christ devient saisissante lorsque, nous approchant suffisamment de Lui, nous commençons à entrevoir Qui Il est. Lorsque l'homme pressent la présence du divin son coeur en est bouleversé : "Eloigne-toi de moi Seigneur, car je suis un homme pécheur" dira saint Pierre au Christ après le miracle de la pêche miraculeuse.
Il y a donc un lien direct, immédiat, entre la rencontre du Christ et la crainte de Dieu, comme il y a un lien direct et immédiat entre la rencontre de Jésus et la prise de conscience de notre pauvreté. C'est dans la lumière du Christ que nous entrons dans l'esprit de pauvreté, c'est dans sa lumière que la crainte de Dieu va naître et se développer au plus intime de notre âme.
La pauvreté est la disposition essentielle pour entrer dans le royaume des cieux. Jésus nous met en garde contre l'attrait des richesses, contre le désir de posséder toujours plus, contre l'attitude des habitants de la terre qui n'ont d'autre finalité que de s'installer ici-bas et de jouir de tous les biens qui sont à leur portée.
La pauvreté peut s'imposer à nous de multiples manières : pauvreté du corps et du psychisme, pauvreté intellectuelle et culturelle, pauvreté matérielle et financière, pauvreté affective, pauvreté à l'égard de nos droits politiques. Ces pauvretés correspondent toujours à la privation du nécessaire ou de ce qui pourrait contribuer à nous permettre de bien vivre. Elles peuvent mettre notre bonheur humain en berne et cela durablement. Toutes ces pauvretés ne réalisent pourtant pas à elles seules la pauvreté évangélique qui est un mystère creusé au plus intime de notre âme par l'amour divin lui-même et qui est une béatitude. Elles peuvent par contre contribuer à notre purification lorsque nous en faisons l'aliment d'un plus grand amour, elles peuvent aussi augmenter notre révolte, faire de nous un homme "révolté" selon l'expression d'Albert Camus.
La pauvreté en esprit doit donc être recherchée ailleurs, dans une dimension encore plus profonde de notre coeur spirituel. Cette pauvreté spirituelle est portée par l'amour qui creuse en nous des désirs plus profonds, plus intimes. "Là où est ton trésor, là aussi sera ton coeur" disait Jésus. Cette pauvreté en esprit est une aspiration vers un trésor qui dépasse tout désir humain, une aspiration contemplative : le désir de Dieu. Ce désir de la connaître, de demeurer auprès de Lui, de l'aimer, de choisir la meilleure part à l'instar de Marie qui restait assise à écouter Jésus pendant que sa soeur Marthe se laissait accaparer par les tâches matérielles.
Cette pauvreté est détachement. On peut s'y exercer par des renoncements comme les Pères qui s'enfuyaient au désert en renonçant à leurs biens, à leurs carrières souvent brillantes, à leurs familles etc. Mais il ne faut pas oublier que cette pauvreté est avant tout un fruit de l'Esprit-Saint qui nous détache et nous libère de nos liens, bien plus que le fruit de nos efforts ascétiques qui sans l'Esprit-Saint ne nous mènent à rien de bon, si ce n'est à développer cette ultime passion, la plus spirituelle et la plus difficile à déraciner : l'orgueil. L'orgueil spirituel est le pire des maux, il conduit inéluctablement à notre diabolisation et non à notre sanctification. "Je pourrais livrer mon corps aux flammes, si je n'ai pas la charité je ne suis rien" dit l'apôtre des Nations.
C'est pourquoi la pauvreté en esprit doit toujours être accompagnée de la crainte de Dieu qui est l'humilité en face de Celui qui est notre Source. "Il est et je ne suis pas" disent les mystiques, c'est le sens même de l'adoration en esprit et vérité qui est l'expression concrète de la crainte de Dieu. La crainte de Dieu n'est pas servile, elle est adoration. Adoration non de la Toute Puissance divine du Créateur, mais de sa Sagesse et de sa Bonté. Adoration de la gratuité de son amour pour nous qui s'est manifesté dans la création et dans notre rédemption. Adoration qui est fréquentation amoureuse de Celui qui, Père, Fils et Esprit-Saint, établit sa demeure dans notre âme. Adoration qui ouvre notre coeur et notre intelligence à l'enseignement du Christ que l'Esprit-Saint nous donne de découvrir chaque jour davantage. "Il vous conduira à la vérité toute entière"...
La foi réclame un attitude d'ouverture à une lumière, un enseignement qui ne vient pas de nous. Elle exige la pauvreté en esprit, sans laquelle nous ne pouvons pas nous laisser conduire par un autre. La foi est obéissance à la lumière divine qui passe par-dessus notre propre lumière, celle de notre intelligence. Nous y reviendrons bien sûr...
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Par Frédéric Tavernier Vellas
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Publié dans : La vie spirituelle
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