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Profil

  • : Frédéric Tavernier Vellas
  • theologieorthodoxe
  • : Homme
  • : 15/11/1959
  • : France Haute Garonne
  • : philosophie théologie orthodoxie musique byzantine
  • : Docteur en Philosophie, diplômé en musique byzantine(Athènes), Frédéric Tavernier Vellas est chanteur de l'Ensemble Organum, protopsalte de la paroisse orthodoxe roumaine de Toulouse et directeur artistique de l'association Egéo-Apmh
Mardi 30 juin 2009
Nous nous interrogeons parfois sur ce qui différencie le christianisme des autres religions. La différence est de taille : le christianisme est une religion dans laquelle Dieu s'est manifesté à nous avec un visage humain. Mais ce visage humain n'est pas un avatar, une apparence... Le visage du Christ est un véritable visage humain : celui du Fils de Dieu qui s'est fait chair en Marie.
Depuis l'incarnation, Jésus est un homme véritable, un homme parfait. Certes, il n'a pas cessé d'être le Dieu d'avant les siècles. Il demeure éternellement le Logos qui était dans le sein du Père. Mais il est devenu un homme véritable, il possède désormais, éternellement, un visage humain. Sa mort et sa résurrection n'ont pas effacé ou anéanti sa nature humaine, mais au contraire c'est l'homme qui
, en Jésus, est entré dans le mystère tinitaire.
Aussi, la rencontre de Jésus est-elle la rencontre d'un homme tout aussi réellement que la rencontre de Dieu. La découverte de l'identité du Christ sera celle de l'Homme-Dieu, theanthropos. Un homme qui possède dans leur perfection la plus absolue les deux natures humaine et divine, sans confusion.
Les rencontres qui nous sont racontées dans les évangiles ont toujours ce caractère de réalisme humain : les disciples au bord de la mer, la samaritaine près du puit de Jacob, la femme adultère, la pécheresse, Zaché, l'Aveugle né, la confrontation avec Pilate etc.
Tous rencontrent un homme, certes un homme rare... mais c'est un homme avec lequel on peut discuter, manger, marcher, prier, un homme qui se repose après une longue marche, un homme qui s'attable avec les pécheurs, un homme qui parle avec une autorité inhabituelle dans les synagogues... Il est connu comme le fils de Joseph, le charpentier.
La théologie chrétienne a toujours connu une double tendance. Les théologiens qui ont mis en valeur cette humanité du Christ et ceux qui ont exalté sa divinité comme Logos, Verbe de Dieu. Lorsque l'insistance sur une des natures de la personne de Jésus se faisait au détriment de l'autre, les théologiens tombaient dans l'erreur, voire l'hérésie.
Jésus interrogeait ses apôtres sur les opinions qui circulaient sur Lui... Qui était-il ?
Les opinions sur Jésus étaient nombreuses et contradictoires. Pour certains, Jésus était Jean le Baptiste, pour d'autres Elie (qui devait revenir), pour d'autres encore, Jésus était un prophète des temps anciens qui serait ressuscité... Pour d'autres Jésus était un blasphémateur, un possédé, le fondateur d'une secte nouvelle... De Pierre, les évangiles nous rapportent que face à Jésus, sa foi lui fit discerner le Oint de Dieu, le Christ.
Rencontrer Jésus ne peut pas laisser indifférent. Sa présence, sa perfection, son autorité dans l'enseignement confirmée par les signes qu'il accomplit viennent percuter de plein fouet, pourrait-on dire, ceux qui l'ont rencontré, vu, écouté, touché...
Les rencontres sont diverses, les réactions aussi... Matthieu le publicain quitte son travail pour suivre Jésus, Saul de Tarse, l'homme religieux, sera terrassé sur le chemin de Damas, Zaché grimpera sur un sycomore pour voir ce Jésus qui lui fera l'honneur de venir dîner chez lui, l'Aveugle-né suppliera le fils de David de lui rendre la vue puis reconnaîtra en le fils de David le fils de Dieu... Ce qui est commun à tous ces hommes c'est sans doute qu'il y a dans leur coeur une attente, une pauvreté dont ils sont conscients. Cette pauvreté ouvre leur coeur à cette rencontre. Nicodème, le pharisien, est conscient lui aussi que, malgré sa science, il ne possède pas cette autorité que Jésus possède. "Nul ne peut faire les signes que tu fais si Dieu n'est pas avec lui" dira-t-il au Christ.
La rencontre du Christ implique cette attente. Pascal a dit quelque part : "tu ne me chercherais pas, si tu ne m'avais déjà trouvé" et une mystique française Marthe Robin avait dit : "il vaudrait mieux dire : tu ne me chercherais pas si je ne t'avais déjà trouvé". La rencontre du Christ est préparée par l'Esprit-Saint de manière mystérieuse dans le coeur de l'homme. les rencontres que nous faisons et qui nous conduisent vers le Christ ne sont, certes pas, le fruit du hasard ! Nous sommes conduits par un désir qui n'est pas seulement humain, un désir produit dans notre coeur par l'Esprit-Saint.
Nous y reviendrons... 
 
 

Par Frédéric Tavernier Vellas - Publié dans : La vie spirituelle
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Lundi 22 juin 2009
L'apôtre des nations, saint Paul, nous dit dans la première épître au Corinthiens : "Quant à moi, frères, il m'a été impossible de vous parler comme à des hommes spirituels, mais seulement comme à des hommes charnels, comme à des petits enfants en Christ. Je vous ai donné du lait à boire et non de la nourriture consistante parce que vous ne l'auriez pas supportée.... Aujourd'hui encore vous ne la supporteriez pas (...) puisqu'il y a encore parmi vous jalousies et querelles..."
Quels chrétiens sommes-nous ? Que dirait saint Paul s'il écrivait à nos églises en ce début du troisième millénaire du christianisme ? La situation a-t-elle changé ? Il y a toujours parmi nous jalousies et querelles, divisions, volonté de puissance...
Que savons-nous de la vie spirituelle ? Quelle expérience avons-nous de la vie en Christ ?
Nous avons le sentiment de devoir repartir sans cesse du début. Qu'avons-nous réellement compris de l'enseignement de Jésus ? Notre coeur est-il empli du saint Esprit ?
Ce qui est rassurant, c'est que les apôtres eux-mêmes, qui vivaient dans une telle proximité avec le Christ, semblent avoir connu bien des difficultés pour recevoir cet enseignement de sagesse divine... Courage donc, et s'il faut recommencer sans cesse, au moins cette bonne volonté maintiendra en nous l'espérance salutaire.

Quel est le point de départ de la vie spirituelle ? Il est double pourrait-on dire : le Christ et nous-mêmes. La découverte du Christ rejaillit directement sur la connaissance que nous avons de nous-mêmes.

Le visage du Sauveur

Découvrir le visage du Christ est la première étape, l'éveil, de notre vie spirituelle. Découvrir son visage et particulièrement son regard tourné vers nous. Découvrir qu'Il nous regarde et de quel amour Il nous regarde. Rencontrer le visage de l'Amour divin, du Feu divin, en contemplant la Face du Sauveur.
Lorsque nous découvrons que nous sommes regardés avec amour, notre coeur est troublé. C'est ce qui est arrivé à Marie lors de la salutation de l'Ange. A travers la présence et les paroles de l'Ange, elle a touché la présence et le regard du Père tourné vers elle et elle en fut toute troublée. Ceci relève de l'expérience. C'est une rencontre.

Si nous regardons le visage du Christ sur une icône, si nous le regardons avec attention, cela nous met dans une attitude contemplative. Notre regard est saisi par ce regard, c'est l'icône du Christ qui, au travers de notre sensibilité, oriente notre coeur et notre intelligence vers Celui qu'elle représente. Il y a là une présence et un appel. L'icône peut provoquer l'élan de notre coeur vers celui qui siège à la droite du Père. C'est pourquoi nous aimons prier devant une icône. Elle aide notre sensibilité en l'apaisant. Elle capte notre regard et nos pensées. Elle révèle notre soif d'amour dans son silence.

La parole de Dieu nous met en présence du Logos, le Verbe de Dieu. Une parole que nous gardons dans notre coeur peut faire grandir en nous la présence de Celui qui l'a dite pour nous : "Je suis la Pain de vie", par exemple. Garder cette parole tout en sachant qu'elle dépasse notre compréhension. Jésus s'est présenté à nous comme le pain de vie... "Je suis le Pain de vie". On peut évidemment méditer sur cette parole, chercher à en comprendre le sens... Mais on peut aussi la garder pour elle-même, comme une parole d'amour que le Christ nous adresse. C'est très différent. La parole devient également présence et appel. Elle oriente notre coeur et notre intelligence vers Celui qui l'a prononcée pour nous

Cette parole nous renvoit directement à cet autre visage que le Christ a pris pour nous. Il s'est fait notre pain en nous donnant son corps à manger et son sang à boire... Il s'est donné totalement à nous dans l'Eucharistie. Chaque eucharistie est la rencontre du Christ qui se donne à nous en nourriture. Quelle rencontre ! "Si tu savais le don de Dieu" avait dit Jésus à la samaritaine.

La liturgie nous met également dans cette présence. "Lorsque deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je me tiens au milieu d'eux". A travers le prière liturgique, la prière de la communauté des chrétiens rassemblés au nom de Jésus, nous renouvelons notre expérience de la présence du Christ. La lecture et le chant des psaumes et des hymnes sacrés agissent puissamment sur notre sensibilité, notre imagination et notre intelligence. Les passions s'apaisent, l'imagination est canalisée, la sensibilité captée et l'intelligence conduite par l'exposition poétique des mystères. Le coeur peut s'approfondir et voir se former en lui des zones de silence.

La liturgie nous conduit à découvrir l'amour fraternel. Celui qui prie avec moi est ce frère , lui aussi aimé de Dieu, regardé par lui. A travers ce frère, c'est tous les hommes qui deviennent pour nous ceux que Jésus aime, ceux pour qui il a offert sa vie. Tous les hommes de toutes les races, langues, peuples et nations. Tous ont été aimés par le Christ, tous sont aimés par lui. Saint Silouane de l'Athos ou saint Isaac le Syrien étaient saisis par ce mystère d'amour fraternel que le Christ nous a transmis comme héritage et comme commandement. "Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés" et saint Jean le Théologien exhortera les chrétiens en leurs disant : n'aimez ni de mots ni de langue mais en acte et en vérité"...

Nous reviendrons à ces commencements dans notre prochain article...
 




Par Frédéric Tavernier Vellas - Publié dans : La vie spirituelle
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